Statistiques

Aperçu comparatif des appels émis vers le SAMU social Gabonais selon le motif d’appel en trois mois

En un trimestre, 2801 appels via le numéro vert 1488, ont été reçus. Le nombre d’appels n’a cessé d’augmenter chaque mois. Durant le mois de juillet qui représente le début des activités du SAMU Social Gabonais, 484 appels avaient pu être notés. Au mois d’août, le deuxième, le total d’appels était passé à 691 alors que le mois de septembre a, quant à lui, connu une augmentation du nombre d’appels allant jusqu’à la somme des deux premiers mois réunis, à savoir 1626.

 

Distribution des données trimestrielles du Centre d’appel selon les motifs (juillet, août et septembre 2017)

Parmi les raisons qui ont suscité les appels des personnes en difficulté, les cas de détresse (44,00% des 2801 appels) étaient, durant les trois mois en tête, suivis des appels tests ou BIP (32,71% du total des appels). Les renseignements (23,11%) étaient la troisième cause d’appels émis vers le SAMU Social Gabonais tandis que les encouragements/remerciements étaient la quatrième cause. Enfin, les propos injurieux étaient le cinquième et dernier motif.

Les cas de détresse ont significativement augmenté en septembre (48,27% des 1626 appels), par rapport au premier mois (juillet) durant lequel la fréquence des cas de détresse était de 40,91%. Les 42,82% de fréquence des cas de détresse du mois d’août n’étaient significativement pas différents des fréquences des deux autres mois (juillet et septembre). Les fréquences des appels tests/BIP et renseignements ont quant à elles, significativement baissé au mois de septembre. Dans l’ensemble, l’augmentation de la fréquence des cas de détresse et inversement, la baisse des renseignements et appels tests pourraient s’expliquer par les différentes campagnes (télévisées et distributions des flyers au sein des quartiers), exécutées pour faire connaitre le SAMU Social à Libreville, et même à travers le Gabon. L’effet tant recherché de ces campagnes est de faire comprendre le principe et les missions du SAMU Social Gabonais, et, nous pouvons nous en féliciter.

Lorsqu’on considère l’ensemble de la population vivant à Libreville, la capitale gabonaise (800 000 environ), 2800 appels pourraient être négligeables. Néanmoins, en considérant le fait que le SAMU Social soit un nouvel organe au Gabon, ce nombre pourrait être l’expression d’une structure en plein essor dans un contexte de sous-développement économique, social et humain.

  • Total des interventions réalisées par le SAMU Social Gabonais

Environ 2600 interventions ont été réalisées par les équipes du SAMU Social Gabonais, d’autant plus que toutes les interventions ne sont pas forcément signalées au centre d’appel. En outre, il est utile de signaler que les stratégies d’Urgence Sociale de Proximité et de consultations médicales gratuites peuvent conduire à des interventions directes.

Ce nombre d’interventions (2600), n’est pas à négliger si l’on considère le fait que le SAMU Social Gabonais est un nouvel organe. Par conséquent, cette nouvelle structure montre son utilité dans un pays sous développé dont la population est à majorité pauvre.

 

Les différentes causes de détresses enregistrées en un trimestre.

  • Les différentes causes de détresse enregistrées en un trimestre

Parmi les 1272 cas de détresse enregistrés en un trimestre, les causes médicales représentaient le premier embarras (37,89%). Celles-ci comprennent des cas de maladies, accidents de la circulation, accouchements à domicile ou des affections traumatiques (plaies, fractures d’un os). Le désir de rencontrer un médecin (généraliste ou spécialiste) et/ou un psychologue (rendez-vous avec un médecin) était la deuxième cause de détresse exprimée (21,70%). Les causes sociales (violences conjugales, abandons familiaux, demandes d’aides financières…), (18,47%), étaient la troisième cause suivie des transports médicalisés (Tableau 2).

A bien regarder, la majeure partie de toutes les causes que ce soient médicales ou autres, est au préalable d’ordre social, en ce sens que de nombreux appelants mettent en avant des difficultés financières, les conduisant à solliciter une prise en charge gratuite. L’explication récurrente des appelants est : « je ne dispose pas de moyens financiers me permettant d’assumer tout seul un transport et encore moins des frais médicaux ».

Les transports médicalisés sont des transports de personnes malades d’un hôpital vers un autre pour des questions d’examens médicaux, ou transports des personnes antérieurement hospitalisées vers leurs domiciles, une fois guéries. Il s’agit d’un type de demande qui a été décelé en août et qui a pris de l’ampleur à mesure que les jours passent. En septembre, trois mois après le début des activités, cette demande était la troisième cause de détresse exprimée par les appelants (Tableau 2).

Au-delà de la prise en charge médicale et/ou psychologique, psychiatrique, il y a l’hébergement temporaire. Au total dix (10) personnes ont été hébergées par le SAMU Social Gabonais, dont quatre de sexe féminin (deux adultes et deux enfants) et six, de sexe masculin (trois adultes, un adolescent et deux enfants).

En général, le principal besoin des SAMU socialisés est l’aide financière pour des consultations et prises en charge médicales et/ou psychologiques lorsqu’on sait qu’en France par exemple, la principale intervention du SAMU Social à Paris consiste à héberger des personnes sans domicile fixe. Et qu’à Dakar au Sénégal, le soutien et la réinsertion sociale des enfants de la rue est la principale activité du SAMU Social.

 

Répartition des appelants durant le mois d’août en fonction de leurs provenances.

 

 

Répartition des appelants durant le mois de septembre en fonction de leurs provenances.

  • Répartition des appelants en fonction de leurs provenances

Durant tout le trimestre en moyenne, 55,67% de personnes ont appelé des quartiers sous-intégrés (Atsibe Ndjoss, Kembo, Avea, Batavea, Kinguélé, PK5, 6, 7, Bellevue, Plein ciel, Plein Niger, cocotier, Rio, Dragon, Malibé…), et les pourcentages ont varié entre 66% en juillet, 48% en août et 53% en septembre. Dans tous les cas, la majeure partie des appelants, résident dans les quartiers sous-intégrés. Une fréquence moyenne de 32% de personnes appelaient des quartiers à “standing intermédiaire” notamment 26% en août et 38% en septembre ; et 14% des quartiers résidentiels. En réalité, durant le mois de juillet, aucune différence n’avait été faite entre les quartiers à standing intermédiaire et les quartiers résidentiels. Ce qui pourrait avoir conduit à la hausse, la fréquence des personnes appelant des quartiers résidentiels et inversement à la baisse, la fréquence des appelants des quartiers à standing intermédiaire.

Les quartiers à “standing intermédiaire” sont des quartiers tels que les Charbonnages, la Cité Damas, Lalala, Okala, les cités SNI d’Owendo… qui, pour la plupart, étaient résidentiels il y a 15-20 ans, mais dont les conditions se dégradent à mesure que le temps passe. Les rares quartiers résidentiels sont la Sablière, les Hauts de Gué-Gué non loin du club Saoti, et certaines zones des “Batteries IV”.

Neuf pourcent (9%) d’appels enregistrés provenaient des structures hospitalières pour solliciter des transports médicalisés. Alors qu’une fréquence moyenne de 3,5% de personnes a appelé d’autres villes du pays (Franceville, Mouila, Lambaréné, Ntoum, Kango, Tchibanga, Port-Gentil). Cette frange de personnes appelant d’autres villes du Gabon a été observée pour la première fois au mois d’août (5%) et en septembre (2%).

 

(Figure1)

Après son lancement le 03 juillet 2017, le SAMU Social Gabonais a porté des fruits inattendus au regard de l’inconnu qu’il était au départ. Une capacité d’adaptation réelle de la part des équipes et des populations a été observée.

Les attitudes des populations vis-à-vis des services du SAMU sont diverses avec certaines personnes appelant pour des tests de vérification du numéro vert mis à disposition. Pour d’autres, il est utile de féliciter et encourager l’initiative, alors qu’une majorité appelle pour être secourue. Les appels à l’aide croissent jour après jour, et laissent entrevoir une prise de conscience des populations qui réalisent non seulement le bien fondé d’un tel outil d’aide sociale mais aussi une chance inouïe d’en disposer. Les observations montrent 41% des cas d’infortunes, 1% d’encouragements, 27% de demandes de renseignement à savoir quelques demandes d’emploi, désir de mieux comprendre le principe du SAMU Social et 32% d’attitudes septiques.

 

(Figure 2)

Les motifs d’appels sont en premier les détresses sociales telles que le manque de moyens financiers, violences conjugales, maltraitance, abandon familial ou exclusions sociales…

Les maladies infectieuses et détresses neurologiques (épilepsie, convulsion) constituent le deuxième prétexte d’appel suivi des maladies chroniques telles que l’hypertension artérielle, l’insuffisance rénale, le diabète et les AVC. Les accidents de circulation et fractures d’un membre sont à égalité et composent le quatrième alors que les accouchements à domicile sont la dernière cause de détresse. En outre, des peines appelées autres (blessures, scènes de couples ou difficultés à se rendre soi-même à un hôpital…) sont groupées et constituent ensemble une cause majeure d’appel à l’aide.

 

(Figure 3)

En comparaison à ce qui est décrit ailleurs, nous avons pu observer une majorité d’appels émis par des personnes qui habitent dans les quartiers pauvres de la capitale. Les paramètres tels que l’âge et le sexe n’ayant pas différés.

 

 

 

 
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